Ramadan : le réinitialisation originelle

Ramadan au-delà de la nourriture : la remise à zéro ultime (sans besoin d’application) 

Si la nourriture est la première chose qui vous vient à l’esprit lorsque vous entendez le mot Ramadan, vous n’avez pas tort. Mais ce n’est qu’une partie de l’histoire.  

Une chose que l’on sait généralement sur le Ramadan, c’est qu’il implique de jeûner du lever au coucher du soleil. Ce que l’on sait moins, c’est qu’il s’agit en réalité d’un moment de remise à zéro : de vos habitudes, de votre état d’esprit, de vos relations et de votre âme. Certains appellent cela la pleine conscience.  

Nous vivons dans une culture obsédée par les « nouveaux départs ». Les résolutions du Nouvel An, les pauses sur les réseaux sociaux (qui durent quatre jours et demi), les week-ends de détox dopamine… tout y est. Le Ramadan est le modèle originel de tout cela.  Pas une tendance. Pas un algorithme. Juste une intention. 

La vie ralentit avec un but 

Le Ramadan ne modifie pas uniquement les horaires en Arabie saoudite, il transforme aussi les rythmes et les routines, chacun adoptant le mode de vie et l’atmosphère du Ramadan.  

Les journées commencent avant l’aube avec le suhoor, un repas pris paisiblement, partagé en famille et avec les proches. Quand le soleil se lève, la vie reprend – doucement. On remarque que Riyad adopte son propre rythme quotidien, une sorte de routine spéciale pour le Ramadan.   À l’approche du coucher du soleil, quand vient le moment de rompre le jeûne (comprenez-vous mieux maintenant le mot « breakfast » ?), on ressent dans l’air une attente mêlée d’impatience. Les familles se rassemblent, les amis arrivent, les cuisines s’animent. 

Puis, lorsque l’appel à la prière retentit, tout le monde sait que l’heure est arrivée. Des maisons de quartier aux mosquées, des restaurants aux centres commerciaux, chacun s’assoit pour l’iftar, rompre le jeûne, partager le repas et profiter de la compagnie des autres.  

C’est le moment où l’on fait moins défiler les écrans et où l’on est davantage présent. On retrouve la famille et des amis que l’on n’a pas vus depuis longtemps. Le téléphone reste posé, écran vers le bas. Les grands-parents racontent leurs histoires (oui, encore – mais cette fois, vous écoutez vraiment).  Et avons-nous mentionné : moins de scrolling ?  

Bien plus qu’une détox alimentaire 

Aujourd’hui, on parle de toutes sortes de détox : détox alimentaire, détox des réseaux sociaux, jeûne intermittent, et bien d’autres.  Certains peuvent voir le Ramadan comme une période de détox – et oui, il y a une part de vérité – mais son esprit va bien au-delà. Le Ramadan ne concerne pas seulement la nourriture. Il s’agit d’une discipline douce et silencieuse, de volonté (essayez de ne pas manger du lever au coucher du soleil sans devenir irritable), de conscience et d’intention dans l’usage de son énergie, d’anticiper où l’on rompra le jeûne ce jour-là, et avec qui l’on souhaite partager ce moment.  

En Arabie saoudite, la générosité devient visible partout pendant le Ramadan. On envoie des plats aux voisins, on participe à des repas communautaires ouverts. Les familles préparent des portions supplémentaires « au cas où » quelqu’un passerait.  

L’expérience saoudienne 

Les nuits du Ramadan en Arabie saoudite dégagent une énergie difficile à décrire pour ceux qui ne les ont pas vécues. Les rues, qui semblaient « faire la grasse matinée », se transforment en une véritable célébration de la vie, alors que les gens sortent pour se retrouver.  La ville s’adapte : cafés, restaurants et centres commerciaux restent ouverts tard dans la nuit.  

Voyez-vous le fil conducteur ? Tout le monde mange au même moment, rompt le jeûne au même moment, sort au même moment.  Ce sont des communautés accordées sur la même fréquence. 

Puis arrive l’Aïd 

Lorsque le mois touche à sa fin et que l’on se prépare à retrouver son ancienne routine, un sentiment serein de réflexion s’installe. Qu’est-ce qui vous a manqué dans votre ancienne routine ? Qu’est-ce qui ne vous a pas manqué ? Quelle est la chose que vous désirez continuer à faire au-delà d’un mois, grâce à ce que le Ramadan vous a permis de réaliser ?  

C’est alors que l’Aïd al-Fitr arrive. Ce n’est pas seulement la fin du jeûne, mais la célébration de ce que ce mois a construit en vous.  On se sent plus léger après avoir partagé tant de choses avec ses proches – sa nourriture, ses pensées, son temps, ses conversations et ses histoires. Peut-être avez-vous même rencontré de nouvelles personnes lors d’iftars ou de suhoors.   

Ainsi, le Ramadan représente bien plus que simplement connaître les lieux et les horaires des repas en Arabie saoudite. Parfois, la plus grande remise à zéro ne réside pas dans l’amélioration de sa routine, mais dans le fait de la ralentir.